Bellérophon

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Denier Cossutia

Dans la mythologie grecque, Bellérophon (en grec ancien Βελλεροφῶν / Bellerophỗn) est le petit-fils de Sisyphe, fils de Glaucos ou de Poséidon, suivant les versions ; il est roi de Corinthe et fils d’Eurynomé (ou Eurymédé), une mortelle.

Bellérophon est « le plus grand héros et tueur de monstres, aux côtés de Cadmos et de Persée, avant la venue d’Héraclès ». Son plus grand exploit est d’avoir abattu la Chimère.

Bellérophon naquit à Ephyre sous le nom d’Hipponoos. Il était officiellement le fils de Glaucos et le petit-fils de Sisyphe, mais une rumeur faisait de lui le fils du dieu de la mer Poséidon.

Il fut rebaptisé « Bellérophon » après avoir tué involontairement son frère Déliadès lors d’un lancer de disque, ou, selon d’autres récits, avoir tué involontairement un noble corinthien tyran de son état, nommé Belléros. Il dut s’expatrier et fuir à Tirynthe pour que le roi Proétos le purifie de son crime. Mais la femme de ce dernier, Sthénébée, s’éprit du jeune homme. Bellérophon était très timide avec les femmes et la repoussa. Elle l’accusa faussement devant le roi d’avoir tenté de la séduire. Proétos décida de tuer le jeune homme. Ne pouvant mettre à mort son hôte lui-même sans s’attirer le courroux des Érinyes, il l’envoya à la cour de son beau-père Iobatès, le roi de Lycie et père de Sthénébée, avec une tablette scellée sur laquelle figurait un message ordonnant de tuer le porteur.

Iobatès fit grand accueil à Bellérophon et le laissa manger et boire à sa table une semaine durant avant de lire le message. Il lui demanda alors d’éliminer la Chimère, un monstre qui causait de grands ravages dans son pays, persuadé que le jeune homme y trouverait la mort.

Désemparé, Bellérophon consulta un devin, Polyidos, qui lui conseilla de sacrifier un taureau à Poséidon et de passer une nuit dans le temple d’Athéna, ce qu’il fit. La déesse apparut dans ses rêves pour lui parler de Pégase, seule créature assez rapide pour lui permettre d’échapper aux flammes de la Chimère. Elle lui remit une bride d’or et lui dit où trouver le coursier ailé. À son réveil, Bellérophon trouva l’objet bien réel à côté de lui. Il réussit à apprivoiser Pégase près de la fontaine de Pirène où le cheval ailé aimait s’abreuver.

Grâce à son nouveau destrier, Bellérophon vint à bout de la Chimère : volant au-dessus d’elle, il la cribla de flèches puis lui plaça un bloc de plomb dans la gueule.

Iobatès, loin de le récompenser, l’envoya combattre les belliqueux Solymes, peuple montagnard de Lycie. Lorsque le guerrier et sa monture revinrent, le roi les renvoya affronter les Amazones, alliées des Solymes. Quand Bellérophon revint pour la troisième fois à la cour de Lycie, Iobatès posta secrètement des combattants en embuscade et demanda à Bellérophon de contacter un certain Acrisios, de nuit et sans armes. Bellérophon triompha une fois de plus. Comme Iobatès avait envoyé sa garde royale contre lui, Bellérophon mit pied à terre et demanda à Poséidon d’inonder la plaine à mesure qu’il avançait. Les hommes n’ayant pas réussi à l’arrêter, les femmes de la région relevèrent leur tunique par-dessus leur tête et marchèrent vers lui. Bellérophon était si pudique qu’il fit demi-tour en entraînant les vagues avec lui.

Iobatès, impressionné après de tels exploits, fut convaincu de l’innocence de son invité et renonça à le mettre à mort. Il lui donna sa fille Philonoé en mariage ainsi que la moitié de son royaume en succession. Bellérophon eut plusieurs enfants : Isandros, Hippoloque et Laodamie, la mère du héros Sarpédon. Peu à peu, Bellérophon devint victime de son orgueil. Pour se venger de la reine Sthénébée (ou Antéia), il revint à Argos et fit semblant de succomber à ses charmes. Il lui proposa un petit voyage aérien sur le dos de Pégase et quand il fut assez haut, il la précipita dans les flots. Au sommet de sa gloire, il entreprit de voler vers l’Olympe grâce à Pégase, s’estimant digne de séjourner avec les dieux. Mais Zeus, furieux, envoya un taon qui piqua Pégase sous la queue. Bellérophon tomba dans un buisson d’épines, devint aveugle et erra sur la terre jusqu’à sa mort après avoir vu son fils Isandros tué par les Solymes, et sa fille Laodamie, qui meurt par la volonté d’Artémis, de maladie soudaine et inconnue.

Selon le quatrième Livre de l’Histoire d’Héraclée par l’historien Nymphis, Bellérophon tua dans les campagnes de Xanthos un sanglier qui ravageait les cultures et élevages de la région. Sans aucune reconnaissance de la part des habitants, Bellérophon les maudit, et obtint de Poséidon qu’il sortît du sein de la terre des exhalaisons salées dont l’amertume corrompait tous les fruits. Le fléau ne cessa que lorsque les femmes vinrent lui demander grâce.

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Médaillon central restauré d’une mosaïque romaine découverte à Autun en 1830 (Musée Rolin).

« Bellérophon Autun » par Félix Potuit — Travail personnel. Sous licence Domaine public via Wikimedia Commons.

 

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Christopher Merat

Je suis le rédacteur de ce blog, numismate et avant tout passionné d'Histoire et de mythologie.