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1714JU – Aureus Octave – Quintus Voconius Vitulus

Avers : DIVI·F (Divi Filius, Au divin Jules)

Tête laurée d’Octave à droite. Devant le buste, un lituus.

Revers : Q. VOCONIVS // VITVLVS. Q. / DESIGN/ S|C (Quintus Voconius Vitulus Quæstor Designatus / Senatus consulto, Quintus Voconius Vitulus questeur désigné avec l’accord du Sénat)

Veau à gauche.

BNF 8.07gr

Atelier

Rome

Datation : 40 avant J.C.

Matière : Or

Gens : Voconia et Julia

Références : RRC 526/3 – B.4 (Voconia) – Syd. 1131

Descriptif : En 40 av.J.-C., le conflit entre Octave et Marc Antoine atteint un nouveau sommet et trouve une résolution difficile dans le pacte de Brundisium. Octave était revenu de la bataille de Philippes avec la difficile tâche d’installer quelque 40 000 vétérans sur leurs terres promises. Comme Octave a acquis des terres en Italie par la force, sa popularité a été menacée. Pendant qu’Antoine était absent à l’Est, sa femme Fulvie et son frère Lucius Antonius se sont attaqués au malheur d’Octave en le harcelant avec des attaques politiques qui ont agité les vétérans d’Antoine contre ceux d’Octave. Lucius rassembla les vétérans de son frère et obtint la permission de faire la guerre à Octave, qui put intercepter le voyage vers le nord de Lucius et le forcer à se réfugier à Perusia. La guerre de Perusine (41-40 av.J.-C.), qui avait tout le potentiel de devenir une nouvelle guerre civile, fut réduite à un bref événement lorsque la menace de famine fit capituler Lucius en février 40 av. Bien qu’Octave se soit vengé des Pérusiens, il n’a pris aucune action directe contre Lucius ou Fulvie. En effet, il a gracié Lucius et l’a bientôt assigné à une promagistrature en Espagne, où il est mort peu de temps après. Fulvie est également décédée au lendemain de la guerre. Le siège de Perusia, la mort de son frère et de sa femme, et peut-être plus important encore, la prise de pouvoir d’Octave en Gaule à la mort du gouverneur d’Antoine là-bas, alarmèrent Antoine, qui navigua vers l’ouest en octobre de cette année-là. En arrivant au port de Brundisium au printemps de 40 av.J.-C., Antoine s’est vu refuser l’entrée au port par le commandant d’Octave. Antoine a répondu en assiégeant Brundisium et en renforçant ses liens avec Sextus Pompée, l’ennemi d’Octave en Occident. Dans l’espoir de contrôler les dégâts, Octave a divorcé à la hâte de sa femme Claudia, a épousé la belle-sœur de Sextus Pompée et a dirigé une armée vers le port sud. Heureusement pour Rome, les têtes froides ont prévalu, et les triumvirs ont réglé leurs différends. Le pacte qui en résulta confirma le contrôle d’Antoine sur l’Est et le contrôle d’Octave sur l’Ouest, et lia les hommes par le mariage incendiaire d’Antoine et de la sœur d’Octave, Octavie. Les deux hommes étaient maintenant en mesure de se concentrer sur leurs objectifs régionaux: Antoine a reçu des légions d’Octave pour son invasion planifiée de la Parthie, et Octave a reçu des navires de guerre d’Antoine à utiliser contre Sextus Pompée. Ce rare aureus du monnayeur Q. Voconius Vitulus a été frappé au milieu de ces événements alarmants. Les portraits d’Octave et du déifié Jules César sur la monnaie de Voconius démontrent son allégeance à Octave, et bien que les inscriptions sur ses pièces vantent son statut de questeur désignent, rien de plus n’est connu de sa carrière ou de son destin. Certaines de ses mponnaies – y compris cet aureus montrent un lituus à côté du portrait, une indication que César et Octave avaient tenu l’auguste. Le revers présentant un veau debout est strictement personnel, étant une allusion au cognomen Vitulus, qui signifie veau.

Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon

Les Voconii ne font leur apparition dans l’histoire romaine que dans les derniers siècles de la république. On connaît notamment Q. Voconius Saxa, tribun du peuple en 585 (169 av. J.-C.), auteur de la loi Voconia défendue par Caton l’Ancien; Q. Voconius Naso, juge dans le procès de Cluentius plaidé par Cicéron, en 688(66 av. J.-C.); et enfin Q. Voconius Vitulus, qui remplit la charge de monétaire.
Q. Voconius Vitulus n’est connu que par les médailles qui le qualifient de quaeslor designalus; son collègue qui a aussi frappé monnaie était Ti. Sempronius Gracchus. Les médailles de Voconius ont, au revers, un veau, emblème du surnom du monétaire; elles portent au droit, les unes, l’effigie de Jules César, et les autres celle d’Octave; elles ont été frappées peu d’années après la mort de Jules César, sous le triumvirat d’Octave, Antoine et Lépide, selon l’opinion de Borghesi.
La barbe que porte Octave, en signe de deuil à cause de la mort de Jules César, fait placer ces médailles au temps de la guerre contre Sex. Pompée en 716-718. Elles ne sauraient, en effet, être postérieures, car Dion Cassius nous apprend que c’est après la guerre contre Sextus Pompée qu’Octave se rasa pour la première fois depuis la mort de César. Les médailles de Q. Voconius Vitulus ne sauraient, d’autre part, être antérieures à l’an 713 (41 av. J.-C.), car Jules César ne reçut le titre de divus que le V des kalendes de décembre 712 (42 av. J.-C.). Ce titre paraissant sur toutes les médailles, il faut donc renoncer à les classer en 711 (43 av. J.-C.) comme on l’a fait souvent. Fr. Lenormant croit qu’on peut placer la date de la magistrature de Ti. Sempronius Graccus et de Q. Voconius Vitulus vers les années 713 et 714 (41 et 40 av. J.-C.). C’est l’époque où, des trois triumvirs, Octave seul était demeuré en Italie; ainsi on s’expliquerait pourquoi les questeurs urbains ont mis, sur leurs espèces, son effigie à l’exclusion de celle de ses deux collègues. La mention senalus consulto indique que les questeurs urbains frappaient sous l’autorité du sénat qui, alors, était réconcilié avec Octave auquel il avait concédé le droit d’effigie monétaire.

Cet article a 2 commentaires

  1. Pascal Pheline

    Oui, pas de doute sur l’animal car comme l’indique la description de Babelon, vitulus= veau.

    1. Chantecler

      Merci pour votre commentaire, c’est vrai que le doute ne semble pas permis! 😉 Je modifierai le descriptif.

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Christopher Merat

Je suis le rédacteur de ce blog, numismate et avant tout passionné d'Histoire et de mythologie.