
1587JU – Aureus Octave – Lucius Mussidius Longus
INDICE DE RARETE : 10+
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10+
ATELIER : Rome
Datation : 42 avant J.C.
Matière : Or
Gentes : Mussidia et Julia
Références : RRC 494/9a – B.85 (Julia)
Cet aureus est bien plus qu’une simple pièce de monnaie ; c’est un outil de propagande sophistiqué frappé dans l’un des moments les plus critiques de l’histoire romaine : l’année 42 av. J.-C., juste avant la bataille décisive de Philippes.
Voici une analyse détaillée de son symbolisme et du contexte qui a entouré sa création.
1. Le Contexte Historique : L’année de la Vengeance
En 42 av. J.-C., la République est fracturée. Le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide) s’est formé pour stabiliser Rome, mais surtout pour traquer les assassins de Jules César, Brutus et Cassius, partis en Orient.
Le besoin de légitimité : Octave n’a que 21 ans. Face à des vétérans comme Marc Antoine, il doit affirmer son statut d’héritier légitime du Dictateur.
Le financement de la guerre : La frappe de l’or (l’aureus) est alors une nécessité militaire. Il s’agit de payer les légions qui s’apprêtent à traverser l’Adriatique pour affronter les Républicains.
2. Le Symbolisme de l’Avers : L’Héritage de César
Le portrait d’Octave sur cette pièce porte un message politique fort :
La « Barbe de Deuil » (Barbatulus) : Octave est souvent représenté avec une barbe légère. Ce n’est pas une mode, mais un signe religieux de deuil. Il jure de ne pas se raser tant que le meurtre de son père adoptif, César, ne sera pas vengé.
Le Nom de César : La légende
C·CAESARocculte son nom de naissance (Octavius). Il s’approprie le prestige du nom de César pour rallier les vétérans et le peuple.Le Titre Triumviral : L’inscription
III·VIR·R·P·C(Triumvir pour la restauration de la République) lui donne une base légale constitutionnelle, transformant ce qui est essentiellement une dictature militaire en une mission officielle de sauvetage de l’État.
3. Le Symbolisme du Revers : Mars et la Victoire à venir
Le choix de Mars, dieu de la guerre, par le magistrat monétaire Lucius Mussidius Longus, est hautement stratégique :
Mars Gradivus : Le dieu est représenté en armure, le pied sur un bouclier. Cela symbolise la préparation au combat et la certitude de la victoire.
Vengeance divine : Mars est ici le précurseur de Mars Ultor (Mars Vengeur), à qui Octave vouera un temple plus tard. Il invoque la divinité pour justifier la guerre civile comme une « guerre juste » destinée à punir un crime (le parricide de César).
La mention
IIII·VIR·A·P·F: Cette signature rappelle que le collège des monnayeurs est passé de trois à quatre membres, signe de l’activité frénétique des ateliers monétaires de Rome pour soutenir l’effort de guerre.
Cet aureus est bien plus qu’une simple pièce de monnaie ; c’est un outil de propagande sophistiqué frappé dans l’un des moments les plus critiques de l’histoire romaine : l’année 42 av. J.-C., juste avant la bataille décisive de Philippes.
Voici une analyse détaillée de son symbolisme et du contexte qui a entouré sa création.
1. Le Contexte Historique : L’année de la Vengeance
En 42 av. J.-C., la République est fracturée. Le Second Triumvirat (Octave, Marc Antoine et Lépide) s’est formé pour stabiliser Rome, mais surtout pour traquer les assassins de Jules César, Brutus et Cassius, partis en Orient.
Le besoin de légitimité : Octave n’a que 21 ans. Face à des vétérans comme Marc Antoine, il doit affirmer son statut d’héritier légitime du Dictateur.
Le financement de la guerre : La frappe de l’or (l’aureus) est alors une nécessité militaire. Il s’agit de payer les légions qui s’apprêtent à traverser l’Adriatique pour affronter les Républicains.
2. Le Symbolisme de l’Avers : L’Héritage de César
Le portrait d’Octave sur cette pièce porte un message politique fort :
La « Barbe de Deuil » (Barbatulus) : Octave est souvent représenté avec une barbe légère. Ce n’est pas une mode, mais un signe religieux de deuil. Il jure de ne pas se raser tant que le meurtre de son père adoptif, César, ne sera pas vengé.
Le Nom de César : La légende
C·CAESARocculte son nom de naissance (Octavius). Il s’approprie le prestige du nom de César pour rallier les vétérans et le peuple.Le Titre Triumviral : L’inscription
III·VIR·R·P·C(Triumvir pour la restauration de la République) lui donne une base légale constitutionnelle, transformant ce qui est essentiellement une dictature militaire en une mission officielle de sauvetage de l’État.
3. Le Symbolisme du Revers : Mars et la Victoire à venir
Le choix de Mars, dieu de la guerre, par le magistrat monétaire Lucius Mussidius Longus, est hautement stratégique :
Mars Gradivus : Le dieu est représenté en armure, le pied sur un bouclier. Cela symbolise la préparation au combat et la certitude de la victoire.
Vengeance divine : Mars est ici le précurseur de Mars Ultor (Mars Vengeur), à qui Octave vouera un temple plus tard. Il invoque la divinité pour justifier la guerre civile comme une « guerre juste » destinée à punir un crime (le parricide de César).
La mention
IIII·VIR·A·P·F: Cette signature rappelle que le collège des monnayeurs est passé de trois à quatre membres, signe de l’activité frénétique des ateliers monétaires de Rome pour soutenir l’effort de guerre.
Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon
La famille Mussidia n’est connue que par les monnaies de L. Mussidius Longus, fils de T. Mussidius Longus. On ne sait rien sur la vie de ce personnage qui fut monétaire en 711 et 712 (43-42 av. J.-C.) en même temps que P. Clodius M. f., L. Livineius Regulus et C. Vibius Varus. Outre les monnaies qui n’ont que son nom, L. Mussidius en a fait émettre qui portent les noms : 1° de Jules César, déjà mort quand elles furent frappées ; 2° de Lépide; 3° de Marc Antoine; 4° d’Octave. L. Mussidius Longus prend sur plusieurs médailles le titre de quatuorvir chargé de la fabrication des espèces d’or.
La couronne, au revers des deniers n. 1, 2, 3, est la couronne d’épis attachée par des bandelettes de laine blanche, des frères Arvales. Sur le denier n. 4, on voit la tête caractéristique de Fulvie avec les attributs de la Victoire; nous avons déjà expliqué la présence du portrait de la première femme de Marc Antoine, sur les médailles 2. La tête de la Concorde sur les deniers n° 5 et 6, figure sur un grand nombre de monnaies contemporaines; nous rappellerons seulement que la Concorde avait un temple in arce, bâti dès l’an (217 5 37 av. J.-C.) et qu’on célébrait la fête de cette déesse le 5 février. On voit souvent aussi, sur les médailles de la fin de la république, au milieu des guerres civiles, le caducée, symbole de la paix, tenu par deux mains jointes. La tête radiée du Soleil (n° 7) se rencontre aussi sur des monnaies de Marc Antoine frappées en 711 (Antonia, 28 à 31). Mais le type le plus intéressant est celui du revers des pièces n. 6 et 7, bien qu’il ne soit pas encore clairement expliqué. Le nom de Cloacina (de cluere, purgare), inscrit sur le vaisseau, est le surnom de Vénus expiatrix, et prouve que nous sommes en présence du monument élevé à cette déesse non loin de l’enceinte des comices. On racontait que ce sanctuaire avait été érigé par les Romains et les Sabins portant des branches de myrte en signe de réconciliation, après le rapt des Sabines et le combat qui s’ensuivit. Vénus Cloacina dont les attributs avaient beaucoup de rapport avec ceux de la Concorde, pouvait donc être très opportunément invoquée durant la période des guerres civiles. Les deux personnages debout sur le vaisseau, et dont l’un tient une branche de myrte, sont Romulus et Tatius, le roi des Sabins.