1580AN – Aureus Marc Antoine – Lucius Livineius Regulus

1580AN – Aureus Marc Antoine – Lucius Livineius Regulus

Avers : M·ANTONIVS·III·VIR·R·P·C (Marcus Antonius, Triumvir Reipublicae Constituendae)

Tête nue de Marc Antoine à droite.

Revers : L·REGVLVS IIII·VIR·A·P·F (Lucius Livineius Regulus)

Anton assis sur un rocher portant une peau de lion tenant de la main droite une lance et un bouclier de la gauche.

BnF 8.06gr

Atelier

Rome

Datation : 42 avant J.C.

Matière : Or

Gens : Livineia et Antonia

Références : RRC 494/2b – B.21 (Antonia) – Syd.1103a

Descriptif : Les portraits d’auréii de 42 av. JC. sont consacrés aux trois membres du deuxième triumvirat – Octave, Antoine et Lépide. Tous ont été produits par quatre magistrats monétaire, Clodius, Mussidius, Varus et Regulus, et la proposition de Buttrey selon laquelle les quatre monétaires ont frappé la même année a été généralement acceptée. Chaque monétaire a frappé un portrait aurei pour chaque triumvir, ce qui en fait une série complète. Les auréii de L. Livineius Regulus sont uniques au sein du groupe car ils ne sont pas liés aux pièces des trois autres monnaies. Cet aspect, pris avec les caractéristiques inhabituelles de certaines pièces en argent de Regulus, a permis à Buttrey de faire valoir que Regulus était le primus, ou membre dirigeant, du collège des quatre monétaires. Si tel est le cas, les pièces de monnaie de Regulus peuvent avoir été frappées en premier, celles de Clodius, Mussidius et Varus suivant d’une manière qui leur a permis d’être liées les unes aux autres. Sur la base de l’inscription PRAEF.VR sur l’un des deniers de Regulus, Buttrey suggère que Regulus servait de préfet de la ville de Rome en 42 av.J.-C., et que ses fonctions incluaient le contrôle de la monnaie lorsque les consuls étaient absents. Ainsi, Regulus, par nécessité, est peut-être devenu l’un des monétaires pour qu’il puisse s’acquitter de ses fonctions élargies en tant que préfet. Les aureii du portrait de Regulus ont été soigneusement conçus, car le type inverse associé à chaque triumvir fait référence aux ancêtres divins des hommes: Octave a revendiqué sa descendance de Vénus, ce qui est impliqué par le type d’Enée de Regulus portant des Anchises; Lépide a compté Mars parmi ses ancêtres, ce qui est évoqué par son type représentant la Vestale Vierge Aemilia; et on dit qu’Antoine est descendu d’Hercule, qui est montré sur l’auréus Regulus produit pour lui. Comme le souligne Buttrey, offrir la descendance d’une divinité comme qualification d’autorité n’était pas original dans cette série; des ouvertures similaires avaient été faites sur la monnaie antérieure par Sulla (avec Vénus), Pompée (avec Neptune) et Jules César (avec Vénus). Cependant, les pièces de monnaie de Regulus montrent un renforcement de cette tendance et impliquent que «… la fortune de la ville devait être assurée par la divinité telle qu’elle était faite chair». La matrice de portrait de ce spécimen n’était associée qu’à une matrice inversée, nous assurant qu’elle n’avait pas une durée de vie particulièrement longue. Stylistiquement, c’est peut-être le plus beau de tous les portraits d’Antoine employés par ces argentiers. L’inscription IIII VIR A P F est instructive, sinon tout à fait claire. Il abrégé presque certainement quatuorviri argento publico feriundo ou quattuorvir auro publico feriundo, ce dernier représentant la première fois que l’or a été inclus dans les émissions régulières – quelque chose d’un point de repère dans le développement de la monnaie romaine.

Variante : Légende du revers différemment disposée

7.97gr _ British Museum

Références : RRC 494/2a – Syd. 1103

Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon

Le gentilicium Livineius n’a été porté que par des Reguli qui eux-mêmes n’étaient qu’une branche de la gens Atilia. On considère comme certain que les deux frères L. Regulus et M. Regulus, que Cicéron cite parmi ses meilleurs amis, étaient des Livineii. On connaît encore un Livineius Regulus qui fut sénateur sous Tibère. Deux membres de la famille Livineia ont frappé monnaie; ils portent l’un et l’autre le nom de L. Livineius Regulus.

L. Livineius Regulus. Monétaire en 711-712 (43-42 av. J.-C.)

Ce personnage est historiquement inconnu; tout ce que l’on peut dire avec certitude, c’est qu’il fut triumvir monétaire avec L. Mussidius Longus, P. Clodius et C. Vibius Varus. La date des fonctions de ce collège est l’an 711-712 et non, comme l’a cru Mommsen, l’an 716.
Les monnaies de L. Livineius Regulus, comme celles de ses collègues, peuvent se partager en diverses catégories : 1° celles qui portent la tête de Jules César, mort l’année précédente; 2° celles qui ont la tête de Marc Antoine; 3° celles qui ont la tête d’Octave: 4° celles qui ont la tête de Lépide; 5° enfin celles qui portent exclusivement des types spéciaux au monétaire et se rapportant à l’histoire de sa famille. La tête qui figure sur les médailles de cette dernière série (n° 8 à 13) est celle du préteur L. Livineius Regulus, père du monétaire. Ce portrait figure sur les monnaies à titre de souvenir de famille, et l’on constate des exemples analogues pour C. AntiusRestio, M. Arrius Secundus, C. Numonius Vaala, C. Coelius Caldus et d’autres encore. Le préteur L. Regulus est probablement l’ami de Cicéron dont nous avons parlé tout à l’heure et qui fut lieutenant de Jules César pendant la guerre d’Afrique en 708 (46 av.J.-C.).

La médaille n° 8 exige un commentaire particulier à cause de sa légende. Le magistrat monétaire s’appelle ainsi sur cette pièce : Regulusfilins, praefectus Urbis. Il était donc préfet de Rome quand il lit frapper cette monnaie et les suivantes ; mais les pièces précédentes lui donnent le titre de quatuorvir auro publico feriundo. Par conséquent, il faut admettre l’une des deux hypothèses suivantes : ou bien, qu’il s’agit de deux personnages différents, l’un qui a été magistrat monétaire en 711-712, l’autre qui a frappé monnaie comme praefectus Urbis, peut-être en 709 (45 av. J.-C.), avec L. Munatius Plancus,pendant que César était parti pour son expédition d’Espagne, abandonnant aux préfets urbains le gouvernement de Rome’; ou bien, que le triumvir monétaire de l’an 711 fut, peu après l’expiration de sa charge en 712, élevé aux fonctions de praefectus Urbis- et qu’il continua en cette qualité à battre monnaie. Nous préférons cette dernière hypothèse. Les monnaies en question sont donc un peu postérieures à celles où le même personnage porte le titre de quatuorvir ; leurs types de revers se rapportent soit aux fonctions du pracfecius Urbis qui était chargé de l’approvisionnement de Rome (n° 13), soit aux insignes de sa dignité, comme la sella curulis (nos 8, 9 et 10), soit enfin aux jeux et aux fêtes données pendant l’exercice de sa charge (n° 12) : nous savons précisément qu’en l’an 712, Octave fit donner des jeux Apollinaires splendides dans lesquels figurèrent des combats d’animaux féroces.

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Christopher Merat

Je suis le rédacteur de ce blog, numismate et avant tout passionné d'Histoire et de mythologie.