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1579AE – Aureus Lépide – Lucius Livineius Regulus

Avers : M·LEPIDVS·III·VIR·R·P·C (M. Lepidus, Triumvir Reipublicae Constituendae)

Tête nue de Lépide à droite.

Revers : L·REGVLVS IIII·VIR·A·P·F (Lucius Livineius Regulus)

Vestale Aemilia debout à gauche, dans la main droite un simpulum et un sceptre de la gauche.

BnF 8.09gr

Atelier

Rome

Datation : 42 avant J.C.

Matière : Or

Gens : Livineia et Aemilia

Références RRC 494/1 – B.36 (Aemilia) – Syd.1105

Descriptif : Cette pièce compte parmi les plus beaux auréii de portraits connues de Lépide, le membre condamné du deuxième triumvirat (43-36 av.J.-C.). Ses puissants collègues, Marc Antoine et Octave, ont démontré au début de leur pacte que Lépide était le membre de second rang, et ils lui rappelleraient continuellement tout au long de la décennie que le triumvirat restait intact. Dès le début, Lépide a reçu un rôle subsidiaire: en tant que beau-frère de Brutus, il a été laissé en Italie lorsque Antoine et Octave sont partis pour affronter Brutus et Cassius à Philippes à la fin de 42 avant JC. Dans la foulée, Lépide a été presque expulsé du triumvirat, mais au lieu de cela, il a réduit sa sphère d’autorité à l’Afrique du Nord. Malgré l’aide qu’il offrit à Octave dans la guerre de Perusine (41-40 av.J.-C.) et dans sa campagne contre Sextus Pompée en 36 av.J.-C., Lépide se vit refuser le butin de guerre. Au cours de cette dernière campagne, Lépide a débarqué 14 légions en Sicile pour soutenir depuis la terre la guerre qu’Octave menait en mer contre Sextus Pompée. Mais avant qu’une victoire navale n’ait été assurée pour Octave, Lépide a exigé que la Sicile soit ajoutée à ses territoires nord-africains. Plutôt que d’accéder à sa demande, Octave défia Lépide, dont les légions désertèrent rapidement vers Octave. Le triumvir humilié fut dépouillé de toute autorité à l’exception de son titre de pontifex maximus, qu’il détint jusqu’à sa mort en exil en 13 ou 12 av. Bien que Lépide ait frappé des pièces de monnaie en tant que monéraire en 61 av.J.-C., son portrait se produit pour la première fois sur un aurei frappé à un atelier gaulois par Antoine en 43 pour célébrer la création du deuxième triumvirat. L’année suivante, 42 ans, le portrait de Lépide apparaît sur l’auréi pour la deuxième (et dernière) fois. Dans ce cas, son auréus a été frappé à Rome par les monétaires C. Vibius Varus, L. Mussidius Longus, P. Clodius et L. Livineius Regulus. Ce numéro, de Regulus, est unique parmi les quatre numéros de Lépide parce que son portrait fait face à droite (alors qu’il fait face à gauche sur les trois autres auréi de la série). Les bustes de ses collègues Antoine et Octave ont toujours raison dans cette série, et aucune explication satisfaisante n’a été offerte pour cette incongruité, autre que cela peut avoir été une indication précoce du statut junior de Lépide. Le revers sur cette monnaie était significatif pour Lépide parce que la vestale Vierge Aemilia était une ancêtre légendaire de sa famille, et parce qu’il occupait le poste de pontifex maximus, et aurait eu une autorité directe sur les vestales.

Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon

Le gentilicium Livineius n’a été porté que par des Reguli qui eux-mêmes n’étaient qu’une branche de la gens Atilia. On considère comme certain que les deux frères L. Regulus et M. Regulus, que Cicéron cite parmi ses meilleurs amis, étaient des Livineii. On connaît encore un Livineius Regulus qui fut sénateur sous Tibère. Deux membres de la famille Livineia ont frappé monnaie; ils portent l’un et l’autre le nom de L. Livineius Regulus.

L. Livineius Regulus. Monétaire en 711-712 (43-42 av. J.-C.)

Ce personnage est historiquement inconnu; tout ce que l’on peut dire avec certitude, c’est qu’il fut triumvir monétaire avec L. Mussidius Longus, P. Clodius et C. Vibius Varus. La date des fonctions de ce collège est l’an 711-712 et non, comme l’a cru Mommsen, l’an 716.
Les monnaies de L. Livineius Regulus, comme celles de ses collègues, peuvent se partager en diverses catégories : 1° celles qui portent la tête de Jules César, mort l’année précédente; 2° celles qui ont la tête de Marc Antoine; 3° celles qui ont la tête d’Octave: 4° celles qui ont la tête de Lépide; 5° enfin celles qui portent exclusivement des types spéciaux au monétaire et se rapportant à l’histoire de sa famille. La tête qui figure sur les médailles de cette dernière série (n° 8 à 13) est celle du préteur L. Livineius Regulus, père du monétaire. Ce portrait figure sur les monnaies à titre de souvenir de famille, et l’on constate des exemples analogues pour C. AntiusRestio, M. Arrius Secundus, C. Numonius Vaala, C. Coelius Caldus et d’autres encore. Le préteur L. Regulus est probablement l’ami de Cicéron dont nous avons parlé tout à l’heure et qui fut lieutenant de Jules César pendant la guerre d’Afrique en 708 (46 av.J.-C.).

La médaille n° 8 exige un commentaire particulier à cause de sa légende. Le magistrat monétaire s’appelle ainsi sur cette pièce : Regulusfilins, praefectus Urbis. Il était donc préfet de Rome quand il lit frapper cette monnaie et les suivantes ; mais les pièces précédentes lui donnent le titre de quatuorvir auro publico feriundo. Par conséquent, il faut admettre l’une des deux hypothèses suivantes : ou bien, qu’il s’agit de deux personnages différents, l’un qui a été magistrat monétaire en 711-712, l’autre qui a frappé monnaie comme praefectus Urbis, peut-être en 709 (45 av. J.-C.), avec L. Munatius Plancus,pendant que César était parti pour son expédition d’Espagne, abandonnant aux préfets urbains le gouvernement de Rome’; ou bien, que le triumvir monétaire de l’an 711 fut, peu après l’expiration de sa charge en 712, élevé aux fonctions de praefectus Urbis- et qu’il continua en cette qualité à battre monnaie. Nous préférons cette dernière hypothèse. Les monnaies en question sont donc un peu postérieures à celles où le même personnage porte le titre de quatuorvir ; leurs types de revers se rapportent soit aux fonctions du pracfecius Urbis qui était chargé de l’approvisionnement de Rome (n° 13), soit aux insignes de sa dignité, comme la sella curulis (nos 8, 9 et 10), soit enfin aux jeux et aux fêtes données pendant l’exercice de sa charge (n° 12) : nous savons précisément qu’en l’an 712, Octave fit donner des jeux Apollinaires splendides dans lesquels figurèrent des combats d’animaux féroces.

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Christopher Merat

Je suis le rédacteur de ce blog, numismate et avant tout passionné d'Histoire et de mythologie.