
1550JU – Aureus César – Caius Julius Cæsar
Avers : CAES·DIC QVAR (Caesar Dictator Quartum; César, Dictateur pour la quatrième fois)
Tête diadémée de Vénus à droite.
Revers : COS·QVINC (Consul Quintum, Consul pour la cinquième fois)
Légende comprise dans une couronne de laurier.
INDICE DE RARETE : 10
1
10+
ATELIER : Rome
1. Le Contexte Historique : L’Après-Munda
En 45 av. J.-C., César revient à Rome après sa victoire sanglante à Munda, en Espagne, contre les fils de Pompée. C’est la fin effective de la guerre civile.
L’accumulation des pouvoirs : À ce moment-là, César n’est pas encore « Dictateur à vie ». Il utilise les titres de la République, mais les cumule de manière inédite. La légende
CAES DIC QVAR(4ème dictature) etCOS QVINC(5ème consulat) montre un homme qui verrouille l’État par les institutions existantes.Le besoin de stabilité : Après des années de guerre, César doit montrer qu’il est le garant de l’ordre. L’usage de l’or (l’Aureus) sert à payer ses vétérans et à démontrer la richesse retrouvée de Rome sous son commandement.
2. Le Symbolisme de l’Avers : La Vénus Diadémée
Le choix de Vénus sur cette pièce est hautement stratégique.
La Mère de la Lignée : En tant que membre de la Gens Julia, César prétend descendre d’Iule (Ascagne), fils d’Énée, lui-même fils de Vénus. Représenter Vénus, c’est affirmer que son autorité est inscrite dans le sang et l’histoire de Rome.
Le Diadème : Contrairement aux représentations classiques, Vénus porte ici un diadème. C’est un symbole de souveraineté. Par transfert iconographique, le caractère royal de la déesse rejaillit sur son descendant, César, sans que celui-ci n’ose encore porter le diadème lui-même (ce qui aurait été un scandale politique majeur).
3. Le Symbolisme du Revers : La Couronne de Laurier
Le revers est d’une sobriété qui souligne sa puissance. Il n’y a pas d’image, seulement du texte entouré d’une couronne.
La Couronne de Laurier (Corona Triumphalis) : C’est le symbole du général vainqueur. En entourant ses titres civils (
COS QVINC) par ce symbole militaire, César fusionne les deux sphères. Il signifie que son consulat n’est pas qu’une fonction administrative, mais le résultat d’un triomphe divinement assisté.L’absence de figure humaine : En 45 av. J.-C., César respecte encore une certaine forme de pudeur républicaine en ne mettant pas son portrait (ce qu’il fera l’année suivante avec le RRC 481/1). Le revers se concentre sur la fonction et le titre, plutôt que sur l’homme.
Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon
Cet aureus est de l’an 710, avant les ides de Mars, car César, proclamé dictateur pour la quatrième fois en 709, fut consul pour la cinquième fois en 710 (44 av. J.-C.), l ‘année même de sa mort qui arriva le 15 mars.
A la fin de l’an 709, ou au commencement de 710, César augmenta le nombre des minores magistratus parmi lesquels se trouvaient pris les officiers chargés de la fabrication de la monnaie. Les triumviri monetales devinrent des quatuorviri, et le premier collège formé de quatre magistrats fut composé des personnages suivants : M. Mettius ; L. Aemilius Buca ; C. Cossutius Maridianus ; L. Flaminius Chilo. C’est en cette même année 710 (44 av. J.-C.) que le Sénat rendit le décret qui autorisait César à placer son effigie sur les médailles. Ce fut M. Mettius qui frappa les premières monnaies avec la tète de Jules César, car sur quelques-unes des pièces émises par ce quatuorvir, César y porte encore le titre de dictator quarto, qu’il abandonna pour prendre le titre de dictator perpetuo, à la fin de janvier ou au commencement de février 710. Plus tard, dans le courant de 710, M. Mettius, cessa pour une cause inconnue, peut-être la mort, de remplir les fonctions de magistrat monétaire, et il fut remplacé, dans le collège, par P. Sepullius Macer; de sorte que l’année 710 compte les cinq magistrats suivants.
Lieux de découverte (2 exemplaires)