
1417CO – Denier Coelia – Caius Cœlius Caldus
Avers : C. COEL. CALDVS / COS / HIS (Caius Cœlius Caldus/ Consul/ Hispania, Caius Coélius Caldus, consul, Espagne)
Tête nue à droite de Caius Cœlius Caldus; derrière soit un étendard avec inscription HIS, devant un étendard surmontée d’une hure de sanglier.
Revers : L·CALDVS / VII VIR·EP IMP·A·X CALDVS·IIIVIR (Lucius Caldus Septemviri Epulones// Caius Caldus Imperator Augur Decemvir/ Caldus triumvir, Lucius Caldus chargé du culte de Jupiter (Epulo) des sept// Caius Caldus imperator augure chargé du collège des dix/ Caldus magistrat monétaire)
Autel accosté d’une victoire à gauche et d’un trophée à droite; au centre représentation de Lucius Caldus placé sur l’autel à gauche, préparant un festin lié au culte de Jupiter.
INDICE DE RARETE : 7
1
10+
ATELIER : Rome
Datation : 51 avant J.C.
Matière : Argent
Gens : Coelia
Références : RRC 437/2a – B.7 (Coelia) – Syd.894
Le monétaire (magistrat responsable de l’émission de la monnaie) pour ce denier est Caius Coelius Caldus, qui a exercé cette fonction en 51 av. J.-C.
Voici les informations clés sur ce personnage et les membres de sa famille qu’il met en avant sur ses pièces :
1. Le Monétaire : Caius Coelius Caldus
Peu de détails nous sont parvenus sur sa carrière politique personnelle en dehors de son rôle de triumvir monetalis (membre du collège des trois magistrats monétaires). Cependant, son émission monétaire est l’une des plus célèbres de la fin de la République en raison de sa complexité et de la manière dont elle glorifie sa généalogie.
2. Son Grand-père : Caius Coelius Caldus (Consul en 94 av. J.-C.)
C’est la figure centrale représentée sur l’avers de la pièce.
Un « Homo Novus » : Son grand-père était un « homme nouveau », le premier de sa famille à atteindre le consulat, ce qui était une prouesse rare à Rome.
Victoires militaires : Les mentions HIS (Hispania) et les enseignes militaires (le sanglier et le vexillum) rappellent ses succès militaires en Espagne citérieure.
Titres : Il est désigné sur la pièce par le titre de COS (Consul).
3. Son Père : Lucius Coelius Caldus
Le revers de la monnaie fait référence au père du monétaire.
Rôle religieux : Il est mentionné comme VII VIR EPVL (Septemviri Epulones). Ce collège de prêtres était l’un des quatre grands collèges religieux de Rome, chargé d’organiser les banquets sacrés lors des jeux publics. C’est pour cette raison que le revers représente un lectisternium (table de banquet).
4. La symbolique de l’émission
En 51 av. J.-C., la République est en pleine tension. En émettant ces monnaies, Caius Coelius Caldus cherche à :
Réaffirmer le prestige de la gens Coelia.
Rappeler à l’électorat romain les services rendus à l’État par ses ancêtres (tant militaires que religieux).
Se positionner lui-même comme un héritier digne de ces grandes figures pour sa propre future carrière politique (cursus honorum).
Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon
C. Coelius Caldus. Monétaire vers 700 (54 av. J. C.)
C. Coelius Caldus qui a fait frapper l’intéressante série qui va suivre, était fils de L. Coelius Caldus et petit-fils de C. Coelius Caldus, le monétaire dont nous avons parlé plus haut. Le nouveau magistrat n’a pas laissé dans l’histoire des traces bien considérables. Nous savons pourtant qu’en l’an 704 (50 av. J.-C.) il fut nommé questeur en Cilicie pendant que Cicéron allait administrer cette province comme proconsul ; on a de Cicéron des lettres qui lui sont adressées. Nous voyons sur tous les deniers que Caldus fit frapper pendant qu’il remplit la charge d’officier monétaire, la tête de son grand-père, le tribun du peuple, la plus grande illustration de la famille. Elle est indiquée d’abord par le mot COS (consul) qui l’accompagne, ce personnage étant le seul des Coelii qui eût été honoré du consulat. Elle est aussi reconnaissable à cause des lettres L D qui figurent sur une tablette derrière la tète, et qu’on interprète par Libère, Damno, allusion aux votes secrets mis en usage par la lex tabellaria dans les procès pour attentat contre l’Etat (perduellio). C’est encore à lui que fait allusion l’enseigne militaire sur laquelle on lit HISpania et celle qui est surmontée d’un sanglier, emblème de la ville de Clunia, ou d’un javelot espagnol : il s’agit du souvenir des exploits militaires de l’ancêtre du monétaire, C. Coelius Caldus qui, vers l’an 652 (102 av. J.-C.), fit la conquête de l’Espagne ultérieure et accomplit les exploits racontés par Julius Obsequens. Sur les deux derniers deniers (nos 11 et 12), on voit derrière la tête du personnage consulaire le lituus militaire et la lance hispanique qui rappellent les mêmes faits d’armes ; de même, les deux boucliers, l’un de forme ovale et l’autre rond et plus petit, sont des armes celtibériennes ou espagnoles.
Sur les pièces nos 4 et 5, figure une tête jeune radiée, et dans le champ, un bouclier ovale sur lequel on lit quelquefois la lettre S. Borghesi interprète cette lettre par le mot Sol; il voit dans la tête radiée, la tête du Soleil, et suppose qu ‘il est ici fait allusion à victoire remportée une en Orient ; mais rien, dans la vie de l’ancêtre du monétaire, le consul de 660, ne prouve qu’il ait rempli un rôle militaire en Orient. Vaillant pensait que la tête du Soleil fait, sur ces médailles, allusion au surnom Caldus, à cause de la chaleur que répand cet astre, et Eckhel qui rapporte cette interprétation ingénieuse, la corrobore par le passage suivant de Varron : Comitiis cum SOLE CALDO ego et Q. Ascius senator tribuiis suffragium tulissemus, etc.
Au revers des pièces n. 7 et suiv., nous voyons un personnage qui prépare un lectisternium au-dessous duquel on lit Lucius Caldus septemvir epulo. Ce Lucius est le père du monétaire ; nous n’avons aucun autre renseignement à son sujet, et les monnaies de son fils seules nous apprennent qu’il fut septemvir épulon. Les épulons, au nombre de trois à l’origine, triumviri epulones, furent portés à sept par Sylla, et formèrent le collège des septemviri epulonés ; ils furent dix sous Jules César, et enfin réduits au nombre primitif de trois par Auguste ; c’étaient des prêtres qui avaient primitivement pour office de préparer le festin de Jupiter, epulum Jovis in Capitolio, et en général d’aider les pontifes en disposant les choses nécessaires aux rites sacrés. Le lectisternium était une cérémonie qui consistait à placer une divinité sur un lit, lectus, le bras gauche appuyé sur un coussin, pulvinus; on lui offrait alors, pendant un ou plusieurs jours, des festins propitiatoires pour apaiser son courroux et mettre fin à quelque calamité publique. Le premier lectisternium fut célébré en 355 (399 av. J.-C.) pour faire cesser la peste qui ravageait Rome, les livres sibyllins ayant prescrit cette cérémonie. Une légende rapporte qu’à l’époque d’une guerre entre Locres et Crotone, les Locriens étant allés demander des secours aux Lacédémoniens, ceux-ci leur envoyèrent Castor et Pollux : alors, sur le vaisseau qui amena les deux divinités en Italie, on dressa un lectisternium et on offrit des sacrifices aux divins alliés suivant la coutume grecque.
Sur les monnaies de C. Coelius Caldus, on voit encore une autre légende placée perpendiculairement : elle porte Caius Caldus imperalor, augur, decemvir (sacris faciundis). Nous n’avons aucun renseignement historique sur ce nouveau personnage. Il est, selon toute apparence, un oncle du monétaire, qui a dû être proclamé imperalor en Orient, à en juger par la disposition des trophées. Dans ce cas, on pourrait croire que le revers de la pièce n. 4, avec la tête du Soleil et le mot Sol, fait allusion aux succès en’ Orient de ce personnage, et l’interprétation de Borghesi, que nous avons rapportée, serait exacte en l’appliquant à ce héros inconnu.
Lieux de découverte (37 exemplaires)