46 av. JC

Aureus César _ RRC 466/1

Avers : C. CAESAR – COS. TERT (Caius Cæsar Consul tertium, Caius César consul pour la troisième fois)

Tête voilée de Vesta (ou de Jules César) à droite.

Revers : A. HIRTIVS PR (Aulus Hirtius Præfectus, Aulus Hirtius préfet)

Instruments pontificaux: lituus, vase à sacrifice et hache.

Atelier : Afrique

Gens : Julia et Hirtia

Référence : RRC 466/1

Indice de rareté : 

Descriptif : Ce type a certainement été frappé après la victoire de César sur les Pompéiens de Caton d’Utique à Thapsus, en 46 avant J.-C. Jules César est présenté sous les traits d’un augure. Au revers, les instruments rappellent que César est Augure et Grand Pontife depuis 63 avant J.-C. Au revers, A. Hirtius a fait frapper cet aureus en tant que Préfet de la Ville. Il était l’ami et le secrétaire personnel de César. Il participa aux différentes campagnes de son chef, en Gaule, en Afrique et en Espagne. À sa sortie de charge, en 45 avant J.-C., il reçut le gouvernement de la Gaule et de la Narbonnaise. Consul avec Pansa en 43 avant J.-C., il trouva la mort, en luttant contre Marc Antoine, en faisant le siège de Mutina.

M. Crawford a relevé une estimation de 123 coins de droit et de 137 coins de revers.


Ci-dessous, un exemplaire de cet aureus sans légende au revers et juste C CAESAR au droit:

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7.87gr _ 20.8mm


Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon

D’après une inscription, la famille Hirtia était originaire de Ferentinum dans le pays des Herniques. Le plus célèbre de ses représentants, celui auquel se rapportent les monnaies décrites plus loin, est Aulus Hirtius, l’ami de Jules César. Légat en Gaule en 696 (58 av. J.-C.), il prit une part active à la conquête de cette province et il fit même frapper des monnaies de bronze dans le pays des Trévires. Ses médailles font supposer qu’il fut l’un des préteurs urbains nommés par César en 708 (46 av. J.-C.) pour administrer les affaires de la république, pendant l’absence du dictateur, parti pour faire la guerre en Espagne aux Pompéiens. C’est probablement comme préteur urbain qu’Hirtius fit décréter la lex Hirtia qui excluait de toutes les fonctions publiques les partisans de Pompée. Plus tard, Hirtius revint en Gaule, et s’installa à Narbonne d’où il écrivit plusieurs lettres à Cicéron. Quelques semaines avant la mort de César en 710 (44 av. J.-C.) il fut nommé gouverneur de la Gaule Belgique; il ne se rendit pas dans sa province et se fit désigner consul avec C. Vibius Pansa pour l’année 711 (43 av. J.-C.). Mais avant d’entrer en charge, il dut se retirer à Pouzzoles pour échapper au despotisme de Marc Antoine et il essaya vainement de ramener les partis à la conciliation. Sa modération n’eut aucun succès de part et d’autre; il s’en consola en prenant dans sa retraite des leçons d’éloquence de Cicéron, Devenu consul au premier janvier 711, il fit voter les honneurs décernés à Decimus Brutus et à Octave, mais il ne consentit pas à déclarer Antoine ennemi public, et il entama avec lui des négociations pendant le siège de Modène. Il fut tué en donnant l’assaut au camp ennemi, ainsi que son collègue Pansa : les corps des deux consuls reçurent des funérailles extraordinaires et leur mort fut regardée comme une calamité publique, tellement qu’elle devint le point de départ d’une ère chronologique.
Les médailles d’A. Hirtius se partagent en deux catégories : celles qu’il fit frapper avec le titre d’imperator dans le pays des Trévires, et celles qu’il fit frapper à Rome même. Les premières représentent au droit un éléphant, emblème du nom de Jules César, qui foule aux pieds l’étendard d’Arioviste, battu par César en 696 (58 av. J.-C.); le revers est occupé par les attributs du souverain pontificat, dignité dont César était investi depuis l’an 691 (63 av. J.-C.). Ces médailles de bronze ont donc été frappées après l’an 696 (58 av. J.-C.) pendant que A. Hirtius était légat de César. Leur type est identique, sauf la légende, au denier de Jules César, au type de l’éléphant, dont elles sont l’imitation. Cependant Fr. Lenormant croit que ces pièces de bronze n’ont été fabriquées qu’en 710 (44 av. J.-C.) et voici comment il s’exprime à leur sujet : « A. Hirtius avait été nommé par César propréteur de la Gaule Belgique pour cette année 44, mais il était resté à Rome et faisait gouverner sa province par un délégué. Aussi est-ce en son nom, A. HIRTIVS, que fut alors frappée une petite monnaie de bronze qui se trouve très habituellement dans les environs de Trèves. Les types en reproduisent servilement ceux du denier de César au type de l’éléphant et des insignes du pontificat, monnaie qui avait été particulièrement répandue dans les Gaules pendant la guerre, puisqu’elle était, comme nous l’avons déjà dit, celle que le général faisait frapper pour les besoins de ses troupes. Il en avait même déjà été frappé une copie de bronze au nom de CAESAR, que l’on rencontre également dans le pays de Trèves, et qui peut avoir été émise par César lui-même, dans le cours de ses campagnes en Belgique. Le délégué d’Hirtius imposa ainsi, à plusieurs des chefs gaulois qui monnayaient dans la province, entre autres, à un chef des Rèmes, Athedias, de placer sur leurs espèces de cuivre le nom du gouverneur, sous la forme : A. HIRtius IMPerator, en même temps que le leur propre ». Nous croyons que l’émission des monnaies de bronze d’Hirtius peut remonter jusqu’aux campagnes de l’an 696 (58 av. J.-C.); mais leur frappe fut prolongée longtemps après, car il en est sur lesquelles on lit CARIN en légende rétrograde, et ce nom ne saurait être que celui de C. Carinas, gouverneur de la Gaule Belgique de 723 à 725 (31 à 29 av. J.-C.). Les autres monnaies de A. Hirtiusont été frappées en 708 (46 av. J.-C.) pendant qu’il était préteur urbain; le revers de ces médailles porte les emblèmes du souverain pontificat de Jules César. Quant au droit, il faut y reconnaître la tête voilée de la Piété, et non, comme on l’a dit parfois, celle de Jules César voilé en pontife. Toutefois sur certains exemplaires, le graveur du coin monétaire a, par une flatterie qui n’est pas sans exemple, manifestement essayé de rapprocher les traits de la Piété de ceux de Jules César lui-même; c’était un acheminement au décret de l’an 709 (45 av. J.-C.) par lequel le Sénat autorisait César à placer son effigie sur les espèces; nous reviendrons sur cette question à la famille Julia.

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