118 – 107 av. JC

Denier Cornelia _ RRC 310/1

Avers SISENA / ROMA

Tête casquée de Rome à droite ; X sous le menton.

Revers : CN·CORNEL·L·F (Cnaeus Cornelius Lucii Filius)

Jupiter dans un quadrige galopant à droite, tenant un sceptre et les rênes de la main gauche et brandissant un foudre de la main droite ; au-dessus, tête radiée de Sol à gauche et croissant de lune ; monstre anguipède, géant (Typhon) sous le quadrige, transpercé par un foudre.

Atelier : Rome

Gens Cornelia

Références : RRC 310/1 – B.17 (Cornelia)

Indice de rareté : 10 Francs Babelon

Descriptif : Le revers fait peut-être écho au combat qui oppose dans la gigantomachie, Jupiter (Zeus) aux Géants dont il finit par triompher. Le revers avec la représentation du Soleil (Sol) et de la Lune (Luna) est lié aux différentes représentations des deniers de la période. Ce denier est parfois daté entre 118 et 107 avant J.-C. comme celui d’A. Manlius Sergianus. Ces deux types, difficiles à dater, ont certainement été frappés au même moment. Notre monétaire doit être distingué de son homonyme Cneius Cornelius Sisena, préteur en 119 avant J.-C. Ce type de denier fait aussi référence à la victoire de Scipion sur Antiochus III le Grand (223-187 avant J.-C.) à Magnésie du Sipyle en 190 avant J.-C.

M. Crawford a relevé une estimation inférieure de 10 coins de droit et de 12 coins de revers.


Extrait de Description historique et chronologique des monnaies de la République romaine d’Ernest Babelon

Cn. Cornelius L. f. Sisenna. Monétaire vers l’an 619 (135 av. J.-C.)

Les Cornelii Sisenna sont fréquemment cités dans les textes. On connait notamment P. Cornelius Sisenna, préteur urbain en 571 (183 av. J.-C.) et L. Cornclius Sisenna, annaliste romain du second siècle avant notre ère. Mais nulle part on ne trouve mentionné un Cn. Cornelius Sisenna, nom de notre monétaire, ni même son père qui s’appelait, suivant les médailles, Lucius Sisenna. Cn. Cornelius Sisenna fit partie du même collège monétaire que A. Manlius Q. f. Sergia et M. Tullius : les deniers de ces trois personnages ont entre eux une analogie frappante. Le revers du denier de Cn. Sisenna qui représente Jupiter foudroyant un géant anguipède est fort intéressant et difficile à interpréter. Rappelons d’abord que le monstre est représenté sous une forme à peu près identique à celle du géant Valens sur un denier de L. Valerius Acisculus, frappé vers l’an 507 (47 av. J.-C.). Sur la pièce de Cn. Cornelius Sisenna, Cavedoni pense avec raison qu’il faut voir sous les traits de Jupiter, L. Cornelius Scipio Asiagenus triomphant d’Antiochus le Grand, roi de Syrie, à Magnésie et au mont Sipyle en 564 (190 av. J.-C.). Antiochus est figuré sous l’aspect du géant Typhoeus ou Typhon que la mythologie grecque nous représente comme ayant lutté contre les dieux jusqu’au jour où il fut foudroyé par Zeus. Cet épisode de la Gigantomachie, représenté sur un grand nombre de monuments grecs, a été recueilli par les Romains, et on le voit figuré au revers de monnaies de l’époque impériale pour symboliser des victoires et des triomphes comme celui dont il s’agit ici. Nous ne citerons qu ‘un médaillon de bronze d’Antonin le Pieux , des monnaies d’or et d’argent de Dioclétien , de Maximien Hercule et d’autres encore sur lesquelles Jupiter porte le nom de IOVI FVLGVRATORI. Rappelons encore que cette représentation de Jupiter foudroyant Typhon figure sur des monuments trouvés en Gaule, notamment à Cussy (Côte-d’Or) à cinq lieues d’Autun, à Merten, près de Metz, à Portieux (Vosges) et dans nombre de localités des deux versants des Vosges. Overbeck et Preller ont particulièrement étudié les monuments archéologiques et numismatiques qui se rapportent à la lutte de Zeus et du géant Typhon.


Lieu de découverte (3 exemplaires)

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